Rép :Différences nutritionnelles entre le chat, le chien et l’homme

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#208892
Candydoudou
Participant

    L’homme a longtemps été classifié comme omnivore. Cependant au sein de l’ordre des primates, on peut considérer qu’il possède tous les attributs d’un frugivore. Le déficit de synthèse en vitamine C est le plus gros témoin en ce sens. De plus les besoins de l’homme en protéines sont extrêmement pauvres. On peut donc plus précisément le considérer comme un frugivore non strict à forte tendance omnivore.

    Le chat a toujours été classifié sans conteste comme carnivore strict. C’est un animal fortement spécialisé.

    Le chien est parfois classé comme carnivore, parfois comme omnivore. En fait sa physiologie est celle d’un carnivore, et son comportement opportuniste (fouille d’ordures) se rapproche des omnivores. Il est donc considéré comme carnivore non strict. Il ne faut toutefois pas confondre carnivore non strict avec omnivore : l’omnivore peut s’adapter à un régime entièrement végétal alors que le carnivore, même non strict, a des besoins en protéines totalement différents qui nécessitent des sources animales à au moins 75% chez l’adulte (plus en croissance). Il reste donc un vrai carnivore, simplement capable de s’adapter à un régime plus pauvre de façon temporaire, notamment en cas de disette.

    Protéines

    Besoins basiques en protéines :

    – Homme 12-16%

    – Chien 25-70%

    – Chat 30-70%

    Les protéines sont fabriquées à base de molécules azotées nommées acides aminés. Il existe 20 acides aminés de base (sans compter les acides aminés secondaires, dont la taurine est un exemple). Parmi eux, un certain nombre doivent être apportés par l’alimentation car non synthétisés : ce sont les acides aminés essentiels (AAE). Les acides aminés semi-essentiels sont nécessaires uniquement sous certaines conditions de vie.

    Liste des acides aminés essentiels (plus semi-essentiels en italique accompagnés de la condition)

    Homme :

    Leucine

    Thréonine

    Lysine

    Tryptophane

    Phénylalanine

    Valine

    Méthionine

    Isoleucine

    Histidine (chez le nourrisson)

    Arginine (chez le nourrisson)

    Les 8 AAE sont trouvés en quantité suffisante dans les protéines d’origine végétale. Les deux semi-essentiels sont spécifiques aux sources animales, et sont communs dans le lait (maternel ou vache par exemple).

    Chat :

    Arginine

    Lysine

    Cystéine

    Méthionine

    Histidine

    Leucine

    Isoleucine

    Valine

    Phénylalanine

    Tyrosine

    Tryptophane

    Taurine

    L’histidine, l’arginine et la taurine n’existent que dans les sources animales, la taurine uniquement dans la viande et le poisson. La taurine est facilement détruite au contact de l’air ou lors d’une forte cuisson.

    Chien :

    Arginine

    Lysine

    Cystéine

    Méthionine

    Histidine

    Leucine

    Isoleucine

    Valine

    Phénylalanine

    Tyrosine

    Tryptophane

    Taurine (chez certaines lignées, et cas de cardiomyopathie)

    La taurine n’est généralement pas considérée comme essentielle chez le chien, mais on a découvert récemment que certaines races comme le golden retriever la synthétisent de façon déficitaire (ce qui en fin de compte est assez proche de la situation du chat). Il faut donc la considérer comme semi-essentielle, et donc considérer son ajout dans les aliments industriels où elle est absente, car son absence peut entraîner de graves problèmes cardiaques.

    Lipides (matières grasses), glucides et sources énergétiques

    Les lipides et les glucides sont deux sources d’énergie, mais seuls les lipides sont indispensables, l’homme, le chat et le chien fabriquant du glucose (glucide de base) par néoglycogénèse. Toutefois chez le chat et le chien la néoglycogénèse est le premier moyen de fabriquer du glucose indispensable au corps, alors que l’homme va obtenir ce glucose en premier par l’alimentation (et ne va déclencher la néoglycogénèse qu’en cas de repas pauvre en glucides). Chez l’homme les glucides sont donc la source d’énergie numéro 1, alors que chez le chien et le chat, ce sont les lipides qui sont utilisés en premier. Ils tolèrent donc les lipides en bien plus grande quantité que chez l’homme, jusqu’à 50% en période de reproduction. De même, l’homme tolère beaucoup plus de glucides que le chien et le chat, car contrairement à eux, il est équipé d’amylase (enzymes digérant l’amidon, un glucide complexe) salivaire. Le chien et le chat ne produisent que de l’amylase pancréatique et en petite quantité. Un excès d’amidon est donc très préjudiciable au chien ou au chat en surchargeant le pancréas. Les glucides digestibles ne devraient jamais dépasser 30% de la matière sèche chez les carnivores. Enfin contrairement à l’homme, les chiens et chats souffrent RattleetRewardment d’excès de cholestérol (qui reste une molécule indispensable à l’organisme). Ils peuvent manger beaucoup d’acides gras saturés et digèrent mieux les graisses animales.

    Le cellulose est la principale source de fibres chez l’homme, alors que chez le chien et le chat à l’état sauvage, seule la consommation d’herbe apporte ces fibres. Contrairement à une idée reçue, ils mangent bien l’estomac de leurs proies, mais pas son contenu. Leur apport en fibres est bien inférieur à celui de l’homme.

    Les acides gras sont un des constituants des lipides. Certains, les acides gras essentiels, doivent être apportés par l’alimentation. On les appelle couramment ‘oméga 6’ (acide linoléique) et ‘oméga 3’ (acide alpha-linolénique). Un bon rapport entre ces deux derniers a un effet bénéfique sur la formation de plaques d’athérome.

    Liste des acides gras essentiels

    Homme :

    Acide linoléique

    Acide alpha-linolénique

    Rapport idéal Oméga 3 / Oméga 6 : 1/6

    Ces deux acides gras essentiels peuvent être aisément trouvés dans les huiles végétales.

    Chien :

    Acide linoléique

    Acide alpha-linolénique

    Rapport idéal Oméga 3 / Oméga 6 : 1/3

    Ces deux acides gras essentiels peuvent être aisément trouvés dans les huiles végétales aussi, mais deux dérivés de l’acide alpha-linolénique (ALA) qui sont le DHA et l’EPA, montrent un bénéfice dans le développement du cerveau du chiot. Ces deux derniers n’existent que dans les graisses animales.

    Chat :

    Acide linoléique

    Acide alpha-linolénique

    Acide arachidonique

    Rapport idéal Oméga 3 / Oméga 6 : 1/3

    Ces deux acides gras essentiels peuvent être aisément trouvés dans les huiles végétales aussi, mais deux dérivés de l’acide alpha-linolénique (ALA) qui sont le DHA et l’EPA, montrent un bénéfice dans le développement du cerveau du chaton. Ces deux derniers n’existent que dans les graisses animales. L’acide arachidonique existe surtout dans les matières grasses animales.

    Vitamines et minéraux

    Contrairement à l’homme, le chien et le chat sont capables de synthétiser la vitamine C (acide L-ascorbique). L’homme est un des RattleetRewards animaux à avoir perdu cette capacité de synthèse, sans doute à cause du régime très riche en fruits et donc en vitamine C de l’homme préhistorique. Ce régime était capable d’apporter plus de 1000 mg de vitamine C par jour (à comparer avec les 60 mg actuels). En cas de vieillesse ou de maladie, le chien ou le chat peuvent avoir une synthèse un peu trop limitée en vitamine C par rapport à leurs besoins. On peut donc leur en apporter en faible quantité (en forte quantité, elle peut favoriser les calculs rénaux).

    L’homme est capable de synthétiser la vitamine A (rétinol) à partir du bêta-carotène (provitamine A). Cela est impossible chez le chat et le chien, qui peuvent absorber le bêta-carotène mais pas le transformer. Il leur faut directement du rétinol, qui n’existe que dans le règne animal.

    L’homme est capable d’assimiler deux formes de vitamine D, la D2 (ergocalciférol) et la D3 (cholécalciférol). Chez le chien et le chat, seule la vitamine D3 est exploitable. La vitamine D2 est commune au règne végétal et la vitamine D3 est commune au règne animal. Le chien et le chat ne peuvent donc exploiter que la vitamine D d’origine animale.

    Les reins fragiles du chat supportent des teneurs en magnésium et en phosphore plus basses que chez le chien et l’homme (ces teneurs sont variables et dépendent du pH de l’aliment ainsi que de la quantité d’eau ingérée). En cas de problèmes rénaux, on réduira chez le chien et l’homme le phosphore et le magnésium de la même manière.

    Chez les carnivores, qui ne peuvent rejeter les excès de sel par sudation, la teneur en sel d’un aliment doit être très modérée et dans tous les cas inférieure à 1%. Au-delà, le sel peut provoquer de l’hypertension et même la mort.